1. Présentation
Je m’appelle Frédéric Cuvelier, fondateur de Survivor Attitude.
Aujourd’hui, ma mission s’articule autour de deux piliers complémentaires :
- SURVIVOR ATTITUDE : le centre de formation que j’ai créé en 2010
- BE AWARE BE READY : la chaîne qui transmet gratuitement au plus grand nombre
Survivor Attitude est né dans un contexte particulier.
En 2010, j’ai traversé un burn-out qui m’a mis à terre. J’ai tout perdu. Je me suis retrouvé à vivre dans ma voiture, puis en forêt. Et c’est là que j’ai réalisé un truc fondamental : si je survivais sans me retrouver sous un pont en tant que clochard, c’est uniquement parce que j’avais 10 ans d’expérience terrain comme contractor.
Sans ce bagage technique, mental et logistique, le destin aurait été tout autre.
Je me suis dit :
« Il faut que j’aide les gens à s’armer contre les vicissitudes de la vie. »
C’est comme ça qu’est née Survivor Attitude.
Be Aware Be Ready, c’est la continuité.
La chaîne vise vulgariser le sérieux, pas le spectaculaire. Elle offre gratuitement de la valeur à ceux qui ne peuvent ni venir en stage, ni acheter mes livres.
L’objectif reste le même depuis le premier jour :
rendre les gens plus robustes mentalement, plus équipés dans leurs décisions, et moins spectateurs des crises.
2. Ce qui m’a amené au survivalisme / résilience
Pas un fantasme d’effondrement, ni un imaginaire apocalyptique.
Plutôt une accumulation d’expériences concrètes.
Quand j’étais contractor, on se retrouvait parfois en rupture totale avec la normalité :
plus de chaîne logistique, plus de soutien, plus de service public, parfois plus de règle.
Ce genre de contexte te montre à quelle vitesse tout bascule.
Et tu comprends que la fragilité n’est pas une fatalité, mais que la préparation change tout.
Quand tu vois :
- des familles paniquer pour une simple coupure d’eau,
- des expatriés tomber en stress chronique faute de doctrine,
- des équipes paralysées par un événement pourtant prévisible,
ça te marque durablement.
La résilience m’a intéressé parce qu’elle relie le mental, l’organisation, la technique et la mobilité, sans le discours de peur.
Pour moi, le survivalisme utile, c’est ça :
anticiper sans s’inventer des ennemis.
3. Évacuation : fuir ou se confiner ?
C’est un des sujets les moins compris et pourtant les plus cruciaux.
Dans Fuir ou Périr, j’explique qu’il existe deux familles de crises qui conditionnent l’action
Fuir ou perir tout :
- Propagation rapide
(attentat, explosion, NRBC, tsunami, crue éclair, feu industriel, barrage, etc.)
→ Là, évacuer / s’éloigner peut être la seule option. - Progression lente / prévisible
(montée des tensions, pandémie, coupures longues, risques géopolitiques, hyperinflation, etc.)
→ Là, le confinement est rationnel au début.
Le piège du survivalisme débutant, c’est fantasmer la fuite.
En réalité :
Se confiner est plus simple et protège mieux… jusqu’au moment où l’environnement ne le permet plus.
Dans le livre je formule ça par une règle simple :
ne pas se laisser “dépasser par les événements” et garder 10 mètres d’avance sur la crise.
4. Évacuer pose toujours 3 questions : quand / où / comment
Ces 3 questions sont décisionnelles avant d’être matérielles.
QUAND PARTIR ?
Il y a des indicateurs, et ils ne sont pas tous “spectaculaires” :
- Techniques : météo, montée des eaux, alertes, mesures NRBC, etc.
- Décisionnels : annonces officielles, checkpoints, fermetures d’infrastructures
- Sociaux : paniques localisées, pénuries ciblées, comportements agressifs
La maturité c’est définir à l’avance les cas où l’on reste, et les cas où l’on part.
La pire erreur que j’observe en stage :
« On va attendre encore un peu, ça va passer. »
La temporalité est un facteur de survie.
OÙ ALLER ?
On n’évacue jamais dans le vide.
Un point de chute doit valider 4 critères :
- distance suffisante
- sécurité sociale / juridique
- accueil ou tolérance des autorités
- ressources minimales (eau, toit, chaleur, santé)
Évacuer loin est souvent contre-productif.
Franchir une frontière implique :
- légalité
- santé
- accueil
- ressources
- statut administratif
Peu de gens s’y préparent.
PAR QUEL MOYEN ?
Le moyen dépend du contexte :
- À pied → fiabilité maximale, lenteur maximale
- Vélo → excellent hors axes
- Voiture / fourgon → idéal hors congestion
- Voilier → possible mais exige compétences + papiers + plan
Là encore : logistique avant romantisme.
5. Quelle durée d’autonomie viser ?
Sur une “vraie” évacuation (= pas un incendie où tu dors en salle des fêtes) :
- Minimum réaliste : 72h
- Objectif sérieux : 7 à 14 jours
Au-delà de 3 jours, les problèmes changent de nature :
- blessures
- hygiène
- énergie
- communication
- accueil / non-accueil
- sommeil
- prises de décision
la capacité à continuer à décider correctement fait la différence, pas le matériel.
Conclusion
Mon travail, que ce soit via Survivor Attitude, via la chaîne, ou via les livres, revient toujours à la même idée :
Préparer les gens à l’imprévu sans les rendre dépendants de la peur.
Dans Fuir ou Périr, j’essaye de transmettre :
- une méthode
- des critères décisionnels
- des retours d’expérience
- et surtout une démarche rationnelle
Parce que fuir n’est pas un acte de panique.
C’est parfois un acte stratégique.
Et parfois, c’est ce qui sauve les vies.
Un grand merci à Frédéric Cuvelier, le fondateur de Survivor Attitude !